Pierre et le pressoir

Il se passait quelque chose d’extraordinaire chez pépé et mémé : ils faisaient du jus de pomme. Les voisins étaient venus aider, et tout le monde s’affairait.

Pépé et un homme cueillaient les pommes rouges sur les arbres pour les mettre dans les cartons.

Mémé et trois dames les lavaient et coupaient les taches brunes. Mais le plus intéressant, c’était la machine qui fabriquait le jus.

Le pressoir se dressait sr de hauts pieds. Il y avait une grande roue d’un côté où un homme tournait une manivelle. Un autre homme mettait les pommes lavées dans un trou et elles ressortaient toute hachées. Alors un voisin versait cette marmelade dans une sorte d’entonnoir et il coulait du jus de pomme.

Pépé en donna un verre à Pierre ?

- Délicieux ! Tu m’en donnes encore pépé ?

Il reçut un autre verre de jus tout frais.

- Ecoute bien, maintenant, Pierre, dit pépé, si tu mettais ta main dans ce trou, le pressoir broierait ta main.

Il souleva le petit garçon pour lui faire voir ce qui se passait dans le trou. Quand le voisin tournait la manivelle, les roues de métal se mettaient à mastiquer les pommes.

Pépé expliqua au voisin que Pierre oubliait souvent ce que son papa, sa maman, ses grands-parents lui disaient, et il lui arrivait toutes sortes d’ennuis.

- Tu ne mettras pas ta main dans le pressoir, n’est-ce pas Pierre ? demanda pépé.

Pierre eut peur. Ces dents de fer avaient certainement l’air capable d’écraser une petite main !

Toute la journée, le groupe de voisins bavarda et plaisanta tout en préparant les bouteilles de jus de pomme. Dans la soirée, chacun emporta plusieurs bouteilles, et pépé descendit le reste dans la cave fraîche. Pépé nettoya le pressoir, qui resta sur les pommiers.

De bonne heure le lendemain matin, Pierre demanda à pépé si on allait recommencer à faire du jus ce jour-là.

- Non, Pierre, nous avons préparé tout ce qu’il fallait pour cette année, répondit pépé.

- Comme c’est dommage ! pensa Pierre.

Il sortit pour regarder encore le pressoir. Il regarda les longs pieds qui le soutenaient. Il regarda la poignée de la manivelle que le voisin avait tournée, tournée. Il se dressa sur la pointe des pieds et regarda les grandes dents à l’intérieur de l’entonnoir.

- Je me demande si ces dents mastiqueraient un bâton, dit-il à haute voix.

Il ramassa une brindille de pommier et la mit dans le trou. Puis il tourna la manivelle. Le son qui sortit de la machine était merveilleux et effrayant. Pierre jeta un coup d’œil dans le trou.

- Je ne pense pas que pépé voudrait des brindilles dans son pressoir, dit Pierre.

Et il tendit la main vers le trou pour les retirer. Mais il ne remarqua pas que la roue continuait à tourner. Il retira sa main en sursaut. Trop tard ! le pressoir avait saisi un petit doigt dans ses grandes dents.

Pierre hurla.

Pépé et mémé se précipitèrent dehors. Pierre tendit la main et vit son annulaire couvert de sang. A travers ses larmes, il vit les visages effrayés de ses grands-parents.

Mémé enveloppa la main de Pierre dans un mouchoir propre tandis que pépé sortait la voiture du garage. Ils conduisirent Pierre à l’hôpital.

Oh ! Comme son doigt lui faisait mal ! C’était la première fois qu’il avait si mal quelque part. A l’hôpital, une infirmière l’emmena dans une pièce aux murs vert clair et aux instruments scintillants. Elle l’allongea et lui fit une piqûre pour calmer la douleur. Le médecin vint recoudre la plaie après l’avoir nettoyée.

Pierre pensa à la façon dont mémé cousait des pièces sur son pantalon. C’étaient les mêmes petits points délicats. Le médecin donna à pépé un médicament à faire prendre à Pierre quand la douleur se réveillerait, puis ils rentrèrent tous les trois à la maison.

Sur le chemin du retour, Pierre resta préoccupé. Finalement, il essaya de dire à pépé et mémé ce qui le tourmentait.

- Pépé, tu m’as dit de ne pas mettre ma main dans le pressoir, et j’ai désobéi. Je sais que je fais tout le temps des bêtises comme ça, mais je ne sais pas comment m’arrêter.

Mémé attira Pierre contre elle.

- Tu as appris une leçon, aujourd’hui, mon chéri. Tu réfléchiras, la prochaine fois, avant de mettre ta main dans une machine, n’est-ce pas ?

- Ah oui ! Mais j’ai peur de faire une autre bêtise. Je ne me souviens pas très bien des leçons !

Pépé sourit.

- Peut-être que tes parents et nous, nous devrons mieux te surveiller jusqu'à ce que tu grandisses, dit-il.

- Je crois que je t’ai fait du mal, et à mémé aussi, presque autant qu’à moi. On aurait dit que mémé allait pleurer quand je me suis blessé.

- Je pleurais vraiment, Pierre, mais en même temps je remerciais Dieu que toute ta main n’ait pas été abîmée. Nous allons tous mieux te surveiller. Mais nous allons aussi demander à Dieu de t’aider à réfléchir et de te donner une meilleure mémoire. Toi aussi, chaque jour, demande-lui de t’aider à mieux obéir.

- C’est promis ! c’est promis ! s’écria Pierre, tout en regardant son doigt bandé.

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